La période de transition des classes de drones change les repères des pilotes français. Depuis le 1er janvier 2026, les anciens scénarios nationaux S1, S2 et S3 ne constituent plus le cadre applicable aux nouvelles opérations concernées.
Pour savoir si votre appareil peut encore voler dans les conditions prévues, vérifiez sa classe, votre formation et la catégorie d’exploitation envisagée. Ces trois éléments permettent de distinguer les règles applicables aux loisirs de celles qui encadrent les missions professionnelles.
A retenir : période de transition et réglementation européenne des drones
- Fin des scénarios nationaux français pour les opérations concernées
- Classes et marquage CE déterminants pour choisir son cadre de vol
- Enregistrement et formation adaptés au drone et à l’usage
- Vérification des zones géographiques avant chaque décollage
Fin de la période de transition : ce qui change pour les drones
Cette échéance prolonge l’harmonisation engagée par la réglementation européenne, fondée notamment sur les règlements 2019/947 et 2019/945. Le premier encadre les opérations ; le second fixe des exigences techniques pour les appareils.
Des scénarios nationaux aux scénarios européens STS
Pour les professionnels qui utilisaient les scénarios S1, S2 ou S3, le changement est concret : ces anciens cadres ne suffisent plus après la fin de la période transitoire. Les opérations concernées doivent relever d’un scénario européen standard, comme STS-01 ou STS-02, ou d’une autorisation adaptée à leur risque.
Selon la réglementation européenne, les scénarios STS s’inscrivent dans la catégorie spécifique. Le matériel et les compétences exigés dépendent du scénario : un drone sans la classe requise ne peut pas simplement être déclaré conforme par son propriétaire.
Repères pour les opérations professionnelles :
- STS-01 : vérifier l’adéquation de l’appareil et des procédures
- STS-02 : confirmer les exigences propres à l’opération envisagée
- Hors scénario standard : examiner une autorisation et une analyse de risque
- Ancienne déclaration nationale : ne pas la considérer comme suffisante
Catégories de drones et cadres d’exploitation
Cette bascule s’explique par une organisation européenne fondée sur le risque, et non sur la distinction entre loisir et activité professionnelle. La catégorie ouverte couvre les opérations à risque limité ; la catégorie spécifique répond aux usages plus exigeants ; la catégorie certifiée vise les activités les plus sensibles.
Selon l’EASA, les règles communes facilitent la compréhension du cadre entre États membres, mais elles n’effacent pas les restrictions locales. Un pilote doit donc identifier sa catégorie avant de préparer son vol.
Catégorie
Usage général
Point de vigilance
Ouverte
Opérations à risque limité
Respect des sous-catégories et limites de vol
Spécifique
Opérations dépassant le cadre ouvert
Scénario standard ou autorisation adaptée
Certifiée
Opérations présentant les risques les plus élevés
Exigences proches de l’aviation habitée
STS
Scénarios européens de catégorie spécifique
Compétences et matériel conformes au scénario
Ces catégories indiquent le niveau de risque ; la classe inscrite sur l’appareil aide ensuite à préciser les usages possibles. C’est pourquoi l’étiquette et les documents du drone méritent une vérification attentive.
Classes de drones, marquage CE et seuil des 250 grammes
Une fois la catégorie déterminée, le poids et la classe du drone orientent les choix de vol. Le marquage CE et l’identification de classe figurant sur l’appareil permettent de vérifier sa conformité déclarée.
Classe C0, classe C1 et classe C2 : comprendre les différences
Les classes de drones vont de C0 à C6 et correspondent à des exigences techniques distinctes. Un appareil de classe C0, généralement léger, peut relever de la sous-catégorie A1 sous réserve des règles applicables ; C1 et C2 impliquent d’autres obligations et possibilités d’exploitation.
Le seuil de 250 grammes reste un repère important, mais il ne résume pas toutes les obligations. Par exemple, l’enregistrement de l’exploitant peut aussi être nécessaire pour un appareil plus léger équipé d’une caméra.
Comparaison des repères à vérifier :
Repère
Ce qu’il indique
Vérification utile
Classe C0
Classe destinée aux appareils conformes à ses exigences
Lire les limites d’usage et la notice
Classe C1
Classe avec des exigences techniques spécifiques
Vérifier formation et obligations applicables
Classe C2
Classe associée à des usages encadrés en A2
Confirmer les compétences et distances requises
Classes C5 et C6
Classes liées aux scénarios STS concernés
Confirmer l’adéquation avec STS-01 ou STS-02
Enregistrement et formation du télépilote
Le poids ne remplace ni l’enregistrement de l’exploitant ni la formation du pilote. En France, AlphaTango permet les démarches concernées ; l’attestation A1/A3 et les compétences complémentaires dépendent de la sous-catégorie visée.
Avant un vol, un propriétaire peut suivre une vérification simple, surtout s’il ressort un appareil ancien du placard. Selon la DGAC, les règles nationales de zones et les démarches en vigueur doivent être consultées avant l’opération.
Contrôles avant le prochain vol :
- Classe et marquage CE lisibles sur l’appareil
- Enregistrement de l’exploitant effectué lorsque requis
- Formation correspondant à la sous-catégorie envisagée
- Notice et procédures du fabricant disponibles
Sécurité aérienne : zones de vol et préparation pratique
La conformité de l’appareil ne garantit pas, à elle seule, qu’un lieu soit accessible. Les zones géographiques et certaines restrictions nationales déterminent où le pilote peut décoller, même lorsque son drone et sa formation sont en règle.
Vérifier les zones avant de décoller en France ou en Europe
Les règles européennes posent un cadre commun, tandis que les États définissent des restrictions locales, notamment à proximité d’aéroports ou de sites sensibles. Un voyageur ne devrait donc pas supposer qu’une autorisation valable chez lui s’applique partout sans vérification.
La hauteur maximale générale en catégorie ouverte est de 120 mètres au-dessus du sol, sous réserve des exceptions et restrictions applicables. Le télépilote doit aussi garder l’appareil en vue directe et éviter le survol de rassemblements de personnes.
Routine de préparation sur le terrain :
- Consulter la carte officielle des restrictions locales
- Contrôler météo, visibilité et environnement immédiat
- Vérifier batterie, commandes et fonctions de sécurité
- Respecter la vie privée des personnes filmées
Remote ID et évolutions annoncées de la réglementation
L’identification à distance et les fonctions de géovigilance participent à la sécurité aérienne, mais leurs obligations varient selon la classe et l’usage. Il faut distinguer les exigences déjà applicables des annonces politiques ou projets encore soumis à adoption.
En pratique, un pilote devrait maintenir le logiciel de son appareil à jour et vérifier les consignes officielles avant une opération. Une éventuelle évolution du seuil d’enregistrement ne doit pas être traitée comme une règle acquise tant que les textes applicables ne la confirment pas.
Pour un usage professionnel, cette vérification préalable évite de découvrir une incompatibilité après la préparation d’une mission. Pour un vol de loisir, elle réduit surtout le risque d’une infraction évitable.
Ces précautions prennent tout leur sens lorsque l’on prépare un vol réel : vérifier le lieu, la classe et les obligations avant de mettre les hélices en marche reste le meilleur réflexe.
Source : Commission européenne, Règlement d’exécution (UE) 2019/947 ; Commission européenne, Règlement délégué (UE) 2019/945 ; Direction générale de l’aviation civile, réglementation des drones.